Les champignons dans les écosystèmes
Conférence résumée par Philippe Larue (”Fifi“)
Conférence de Régis Courtecuisse, président de la Société Mycologique de France, à Nantes, le dimanche 16 mars 2008 - Association Mycologique de l’Ouest
Quelques rappels préliminaires.
Ce qui caractérise le règne fongique :
- Eucaryote : caractérisé principalement par des cellules qui possèdent un noyau.
- Hétérotrophe vis à vis du carbone : nécessité de prélever dans le milieu extérieur des substances organiques.
- Absorbotrophe : se nourrit en absorbant les nutriments à travers la paroi extérieure de son corps.
- Appareil végétatif (ensemble des organes qui assurent sa croissance ) ramifié, diffus et tubulaire : le mycélium.
- Reproduction par spores (spores non flagellés ou a une flagelle).
- Paroi cellulaire chitineuse.
Les champignons sont plus proches du règne animal que du règne végétal.
L’hétérotrophie
Pour connaître le rôle des champignons dans les écosystèmes, on s’intéressera à la caractéristique d’hétérotrophie. Le champignon doit donc prélever dans le milieu extérieur des matières organiques, des substances carbonées pour subsister. Il existe 3 solutions :
- saprotrophie : nutrition à partir de matières organiques en décomposition. (champignons décomposeurs)
- parasitisme
- symbiose
Exemples :
- Saprotrophie :
- Champignons lignicoles
- pourriture brune (cubique) : dégrade la cellulose et l’hémicellulose (10% feuillus – 80% conifères). Effet sur l’environnement : humus riche en lignine favorable à l’entretien d’une forêt de conifères.
- Pourriture blanche (fibreuse) : majorité des décomposeurs de bois, surtout feuillus.
- Champignons humicole : décomposeur d’humus.
- Champignons foliicoles : décomposeur de feuilles.
- Champignons pyrophile : décomposeur de bois brûlé.
- Champignons coprophile : décomposeur d’excréments.
- Champignons lignicoles
- Parasitisme
- Intérêt biologique : participe à la régulation des populations.
- Exemples :
- Sur animal : Beauveria sp. Champignon parasite du moustique utilisé dans la lutte contre le paludisme.
- Sur champignon : Nyctalis asterophora sur russules et lactaires. Xerocomus parasiticus sur sclérodermes.
- Sur arbre : rouilles et charbons, Armillaria mellea, Collybia fusca…
- Symbiose
- Champignon et algue : lichen.
- Champignon et plante : mycorhizes.
- Pour le champignon : prélèvement nutrition organique.
- Pour la plante : augmentation des apports en ions potassium et azote, protection de l’hôte (antibiotique, prédation*), sécrétion d’hormone de croissance, vitamines.
* Régis Courtecuisse a évoqué le cas de certaines espèces qui protège l’arbre hôte contre des vers lignivores. Des filaments en forme de véritable lasso piègent les vers !
- 90% des plantes sont en symbiose avec des champignons. On trouve des applications dans le cadre des exploitations forestières, pépinières…
- On observe deux types de symbiose :
- Symbiose ectomycorhizienne : le mycélium reste en contact externe avec les racines. Concerne la majorité des champignons dits supérieurs, Ascomycètes et Basidiomycètes.
- Symbiose endomycorhizienne : Le mycélium pénètre dans les cellules racinaires. Concerne des champignons microscopiques. On la rencontre surtout chez les plantes herbacées et sur quelques espèces ligneuses.
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Petit récapitulatif
- saprotrophie : recycle les matières organiques.
- Parasitisme : régulation des populations.
- Symbiose : aide essentielle à la vie végétale.
Deux remarques :
- Une espèce peut passer d’un type à l’autre. Ex. Piptoporus betulinus (polypore du bouleau) est d’abord un parasite, puis devient décomposeur.
- Les trois catégories interagissent.
Autres rôles des champignons :
- Formation primaire des sols.
- Nourriture pour animaux.
- Augmentent les capacités germinatives de certaines graines.
- Ils font partie intégrante de la biodiversité.
Exemple anecdotique : les fourmis champignonnières coupent des feuilles, cultivent les champignons décomposeurs de feuilles. Les larves se nourrissent du mycélium.
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Problèmes…
- Certains champignons régressent, voire disparaissent.
- Le règne fongique est encore peu connu et pas assez pris en compte.
Les menaces…
- Pollution atmosphérique et effet de serre.
- Destruction des forêts. En particulier, les forêts tropicales et forêts primaires dont on n’est loin de connaître la biodiversité.
- Fragmentation des habitats (parcellisation des espaces forestiers).
- Agriculture moderne.
- Récoltes excessives.
- Mauvaise gestion des milieux naturels.
Constat
- Les champignons ne sont pas assez pris en compte dans les études environnementales, écologiques.
Pourquoi ?
- Pousse « capricieuse ».
- Difficultés taxonomiques.
- Inventaire très long à élaborer.
Les connaît-on suffisamment ? NON !
- On ne connaît pas le nombre d’espèces de champignons.
- En nombre d’espèces, on estime que le règne fongique serait au 2ième rang après celui des insectes…
- Si on estime le rapport de diversité entre le règne végétal et le règne fongique, il serait de l’ordre de 4 à 9. (i.e. il y aurait de 4 à 9 fois plus d’espèces de champignons que de végétaux !)
- Estimation du nombre d’espèces de champignons.
- Dans le monde : estimé à 1,5 million. Environ 100 000 sont connues.
- En France : estimé à 30 000. Environ 15 000 espèces connues. L’inventaire est en cours.
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Rendez-vous…
Du 13 au 19 octobre 2008 Semaine du champignon.
