Les champignons  

Champignons dans les écosystèmes

Champignons dans les écosystèmes

Un article de Les champignons | Mycologie | Champis.net.

Conférence de Régis Courtecuisse résumée par Philippe Larue (”Fifi“)


Sommaire

Introduction

Bien qu’ils passent souvent inaperçus, les champignons sont présents dans tous les types d’environnement sur Terre et jouent un rôle central dans beaucoup d’écosystème, notamment en tant que symbiote des arbres, mais surtout en tant que décomposeurs bouclant le cycle du carbone et de nombreux éléments. Avec les bactéries, ils sont les décomposeurs qui participent le plus à la dégradation de la matière organique et à la production d'humus dans les écosystèmes terrestres et jouent un rôle primordial dans les cycles biogéochimiques et les chaînes alimentaires. Certains champignons sont actifs dans les milieux humides et aquatiques. La décomposition de la matière organique végétale par les champignons est une étape essentielle du cycle du carbone.

Les champignons sont une source majeure de nourriture pour de nombreux animaux, invertébrés (ex: certaines espèces de fourmis qui les cultivent) mais aussi quelques mammifères dont par exemple l'écureuil et l'ours brun.

Quelques champignons, comme les Zoopagales, sont des prédateurs de Nématodes qu’ils capturent au moyen d’anneau ou de pièges adhésifs.

Par ailleurs, les champignons peuvent provoquer des biodétériorations qui peuvent être nuisibles comme lors de contamination et d’altérations organoleptiques de produits alimentaires ou lors de dégradation de divers produits comme le bois, le papier, des textiles, les peintures, la pierre, les métaux et même le verre.

Nombre d'espèces bioconcentrent fortement les métaux lourds et les radionucléides, contribuant à remettre en circulation des métaux qui ont été provisoirement piégés dans des organismes animaux ou végétaux, ou naturellement présent dans le sol sur certains sites métallifères.

L’hétérotrophie

Pour connaître le rôle des champignons dans les écosystèmes, on s’intéressera à la caractéristique d’hétérotrophie. Le champignon doit donc prélever dans le milieu extérieur des matières organiques, des substances carbonées pour subsister. Il existe 3 solutions :

- saprotrophie : nutrition à partir de matières organiques en décomposition. (champignons décomposeurs)

- parasitisme

- symbiose

Saprotrophie

Champignons lignicoles:

- Pourriture brune (cubique) : dégrade la cellulose et l’hémicellulose (10% feuillus – 80% conifères). Effet sur l’environnement : humus riche en lignine favorable à l’entretien d’une forêt de conifères.

- Pourriture blanche (fibreuse) : majorité des décomposeurs de bois, surtout feuillus.

Champignons humicole: décomposeurs d’humus.

Champignons foliicoles: décomposeurs de feuilles.

Champignons pyrophile: décomposeur de bois brûlé.

Champignons coprophile: décomposeur d’excréments.

Parasitisme

Intérêt biologique : participe à la régulation des populations.

Exemples :

- Sur animal : Beauveria sp. Champignon parasite du moustique utilisé dans la lutte contre le paludisme.

- Sur champignon : Nyctalis asterophora sur russules et lactaires. Xerocomus parasiticus sur sclérodermes.

- Sur arbre : rouilles et charbons, Armillaria mellea, Collybia fusca…

Symbiose

- Champignon et algue: lichen.

- Champignon et plante: mycorhizes.


- Pour le champignon: prélèvement nutrition organique.

- Pour la plante : augmentation des apports en ions potassium et azote, protection de l’hôte (antibiotique, prédation*), sécrétion d’hormone de croissance, vitamines.

  • Régis Courtecuisse a évoqué le cas de certaines espèces qui protègent l’arbre hôte contre des vers lignivores. Des filaments en forme de véritable lasso piègent les vers !

90% des plantes sont en symbiose avec des champignons. On trouve des applications dans le cadre des exploitations forestières, pépinières…

On observe deux types de symbiose:

- Symbiose ectomycorhizienne : le mycélium reste en contact externe avec les racines. Concerne la majorité des champignons dits supérieurs, Ascomycètes et Basidiomycètes.

- Symbiose endomycorhizienne : Le mycélium pénètre dans les cellules racinaires. Concerne des champignons microscopiques. On la rencontre surtout chez les plantes herbacées et sur quelques espèces ligneuses.

Récapitulatif

- Saprotrophie : recycle les matières organiques.

- Parasitisme : régulation des populations.

- Symbiose : aide essentielle à la vie végétale.


Deux remarques :

Une espèce peut passer d’un type à l’autre. Ex. Piptoporus betulinus (polypore du bouleau) est d’abord un parasite, puis devient décomposeur. Les trois catégories interagissent. Autres rôles des champignons :

Formation primaire des sols. Nourriture pour animaux. Augmentent les capacités germinatives de certaines graines. Ils font partie intégrante de la biodiversité. Exemple anecdotique : les fourmis champignonnières coupent des feuilles, cultivent les champignons décomposeurs de feuilles. Les larves se nourrissent du mycélium.


Problèmes

- Certains champignons régressent, voire disparaissent.

- Le règne fongique est encore peu connu et pas assez pris en compte.

Les menaces…

- Pollution atmosphérique et effet de serre.

- Destruction des forêts. En particulier, les forêts tropicales et forêts primaires dont on n’est loin de connaître la biodiversité.

- Fragmentation des habitats (parcellisation des espaces forestiers).

- Agriculture moderne.

- Récoltes excessives.

- Mauvaise gestion des milieux naturels.

Constat:

- Les champignons ne sont pas assez pris en compte dans les études environnementales, écologiques.


Pourquoi ?

- Pousse « capricieuse ».

- Difficultés taxonomiques.

- Inventaire très long à élaborer.

- Les connaît-on suffisamment ? NON !

On ne connaît pas le nombre d’espèces de champignons. En nombre d’espèces, on estime que le règne fongique serait au 2ième rang après celui des insectes… Si on estime le rapport de diversité entre le règne végétal et le règne fongique, il serait de l’ordre de 4 à 9. (i.e. il y aurait de 4 à 9 fois plus d’espèces de champignons que de végétaux !) Estimation du nombre d’espèces de champignons. Dans le monde : estimé à 1,5 million. Environ 100 000 sont connues. En France : estimé à 30 000. Environ 15 000 espèces connues. L’inventaire est en cours.