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Alnicola amarescens (Q.) Romagn.

par Christian Frund

Écologie

Nombreux exemplaires dans une zone humide d’une ancienne forêt de pins coupés trouvés le 4 mai 2009 à Dammartin-les-Templiers. Petite zone sur ancien brûlis sous une grappe de jeunes feuillus, aulnes et saules. Lieu très humide souvent envahi de grandes herbes et eau stagnante dans les fossés de tracteurs et les loupes des arbres déracinés.

Chapeau

15-36 mm. Campanulé à convexe puis plan convexe à plan avec un petit mamelon bien aigu à l’origine puis plus obtus, parfois même avec un mamelon double ; un fort mamelon mousse avec au centre de celui-ci un deuxième mamelon discrètement dessiné. Marge sinueuse d’abord assez verticale et très finement retroussée à l’extrémité et parfois subtilement cannelé, déchirée, puis plus irrégulière, droite à festonnée, ridée, lacérée par endroits. Revêtement sec, mat, strié, veiné, d’un brun rougeâtre (vers Segui 191 un peu plus brun et foncé), un petit exemplaire était même entièrement orangé, hygrophane et devenant brun plus jaune et assez clair (vers Segui 212), pouvant se tacher de gris sordide presque noirâtre. 

Lames

Jusqu’à 4 mm, Moyennement serrées, longuement accrochées au stipe, brunes. Arête flexueuse, finement érodée, un peu plus pâle. Odeur non significative, saveur amarescente.

Stipe

40-65x2-5 mm. Droit ou un peu sinueux. Nettement fibrilleux, brun sombre (Segui 694 mais tirant plus sur le jaune). Parfois noirâtre dans la partie inférieure (couleur qui gagne presque tout le stipe à la fin) et souvent blanchâtre par un fin tomentum de reste de voile. Débris de voile épars ici ou là.

Chair

Brune, un peu pélargoniée à la cueillette puis inodore, saveur amère.

Microscopie

Spores (A) : 8-11 (13) x 5-6,5 μm elliptiques faiblement à moyennement verruqueuses.

Basides (B) : 4sp ; vers 25-27 x 7-8 μm.

Cheilocystides (C) : nombreuses, plus ou moins ventrues à long col parfois un peu arrondi à l’extrémité.

Pleurocystides non observées.

Caulocystides (D) : rappelant les cheilocystides mais parfois assez difformes de 22-45 x 6-20 μm. Revêtement (E) : formé d’hyphes de 5-13 μm, allongées, souvent bouclées. 

Observations

Les Amarescens font partie des Alnicola poussant sous saules et non sous aulnes ; ce qui est invérifiable du fait de la présence des deux essences dans la station. Les Alnicola du groupe amarescens sont peu nombreuses. Alnicola zonata semble nordique et possède de petites spores ne dépassant pas 8 μm.
Alnicola tantilla à grandes spores est parfaitement douce, tout comme geraniolens.

Restent deux espèces très proches. Alnicola amarescens et Alnicola leucocnemis. Ce sont deux espèces dont les spores ne dépassent pas 11 μm ; ce qui est conforme aux mesures significatives de notre récolte. La clé provisoire de Pierre Arthur Moreau, publiée sur le site de l’université de Lille ne permet pas vraiment de trancher. S’il note une odeur pélargoniée sensible pour Alnicola leucocnemis, il indique seulement faible sans en préciser la fragrance pour Alnicola amarescens . En revanche, dans un article publié sur le site fungaldiversity, cet auteur cite Herart Ludwig (Pilzkompandium tome 1 n° 53), tout en se posant la question de la spécificité de ces deux espèces. Dans le livre de Ludwig, Alnicola leucocnemis aurait des spores ne dépassant pas 8 μm, alors qu’Alnicola amarascens en aurait allant jusquà 11 um, tout comme les nôtres.

En conclusion, ces mesures sporales, combinées au fait que l’existence de deux espèces distinctes ne semble pas totalement attestée, nous incite à nommer ces spécimens, Alnicola amarescens. 

Images

Classification

Règne Fungi
Embranchement Basidiomycota
Classe Agaricomycetes
Ordre Agaricales
Famille Hymenogastraceae
Genre Alnicola

Nom binomial

Alnicola amarescens

(Q.) Romagn.