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Lactarius illyricus Piltaver

par Christian Frund

Habitat

Quatre exemplaires dont trois connés trouvés au bois de l’Aiguillon (Dammartin-les-Templier – 25), dans le fond du bois, juste au-dessus de la ride de l’Audeux sous un charme dans une forêt de feuillus mêlés essentiellement de chênes et de hêtres principalement sur calcaire assez pauvre.

Chapeau

Jusqu'à 80 mm pour l’exemplaire individualisé mais 110 mm pour les exemplaires connés. D’abord convexe, puis plan convexe et finalement assez fortement déprimé, la marge enveloppante finit par être droite et relevée. Revêtement sec à un peu gras, nettement scabre, voire finement et confusément bossué à chagriné, ocre jaune avec une subtile nuance un peu aurore (Séguy 249), parfaitement uni, sans zones vraiment plus claires ou plus foncée, pouvant parfois laisser deviner quelques rares zonations si discrètes et si peu marquées qu’elles peuvent indubitablement passer inaperçues. Marge ondulée, lisse, sans trace de cannelure mais, ça et là ,un peu plissée en relation avec la surface de l’ambitus (c'est-à-dire, sans plis clairement individualisé).

Lames

Jusqu’à 5 mm, serrées, décurrentes, ocre jaune terne (Séguy 250). Arête concolore, onduleuse, irrégulière, fimbriée. Sporée crème (trop rare pour donner plus de précision).
 
Stipe

20-30 x 12-17 mm, court et clairement atténué de haut en bas, droit ou oblique, concolore aux lames mais un peu plus pâle, sans grosse différence de teinte sur toute la longueur, nettement ruguleux plissé mais non véritablement strié. A la loupe, on remarque de nombreux plis irréguliers et assez fins.

Chair

Blanchâtre puis ocre jaune pâle dans la vieillesse surtout dans le stipe, assez ferme mais pouvant devenir souvent caverneuse dans le stipe. Odeur fruitée agréable, saveur immédiatement âcre, lait peu abondant, sans doute, blanc et subimmuable. Gayac positif mais lent (non réalisé sur le frais).

Microscopie

Spores (A) : (6,1) 6,6 - 7,6 (8,1) x (4,8) 5,4 - 6,3 (6,8) μm ; Q = (1,1) 1,14 - 1,3 (1,4) ; N = 100 ; Me = 7,1 x 5,8 μm ; Qe = 1,2 ; subglobuleuses à ellipsoïdes à ornementation zébrée à presque réticulée avec de rares verrues isolées. | Mesures statistiques : 6,3 [7 ; 7,2] 7,9 x 5,2 [5,8 ; 5,9] 6,5 μm ; Q = 1,1 ; [1,2] 1,3 ; N = 100 ; C = 95% ; Me = 7,1 x 5,8 μm ; Qe = 1,2 |.
Basides (B) : (36,1) 38,7 - 48,2 (48,8) x (8,8) 9,4 - 10,9 (11,9) μm ; Q = (3,6) 3,9 - 4,5 (5,3) ; N = 10 ; Me = 42,6 x 10,2 μm ; Qe = 4,2 ; clavées & tétrasporiques.
Cheilocystides (C) : (37) 39 - 55,2 (61,1) x (5,6) 5,8 - 8,8 (9) μm ; Q = (5,1) 5,9 - 8,3 (8,4) ; N = 12 ; Me = 46,9 x 6,9 μm ; Qe = 6,9 ; acuminées à extrémité plus ou moins effilée, souvent tétinée. Pleurocystides (D) : (51) 54,6 - 73,7 (77,8) x (6) 7,2 - 8,7 (9,3) μm ; Q = (6,1) 7,1 - 9,1 (9,5) ; N = 15 ; Me = 63,8 x 8 μm ; Qe = 8 ; de même type mais de longueur souvent plus importante.
Articles du revêtement (E) : cylindriques & cloisonnés de 2,5-5 μm de large, plus ou moins enchevêtrés, souvent redressés.

Discussion

Comme le font judicieusement remarquer MM. Eyssartier & Roux dans leur ouvrage essentiel (Le guide des champignons – Belin) la teinte de ce lactaire fait indubitablement penser à Lactarius pallidus (en plus clair). Cependant l’allure est très différente, L. pallidus est un gros lactaire assez svelte, alors que L. illyricus est un lactaire râblé, court sur patte, dont le pied s’amincit vers la base. De plus l’âcreté de L. pallidus est tardive en bouche alors que celle de Lactarius illyricus est d’emblée agressive.
Ce lactaire du groupe des zonarii est l’un des moins zonés, voire pratiquement pas zoné et il se distingue des autres espèces du groupe par la brièveté de ses spores. Le plus proche semble être Lactarius evosmus, un autre lactaire dont la zonation peut être très discrète, mais dont la longueur de la spore peut atteindre, voire dépasser, 9 μm. Lactarius acerimus est un lactaire à basides bisporiques et à spores énormes (leur longueur peut dépasser 14 μm !). Lactarius zonarius, finalement, est un lactaire bien plus coloré, nettement zoné dont la longueur des spores atteint 9 μm.

Il est à noter que cette espèce semble plutôt acidophile ( ?), ce qui ne correspond pas forcément à l’habitat du Doubs. Cependant des loges acidophiles peuvent exister dans de nombreux bois développés sur sol calcaire. Ainsi, de nombreuses espèces des terrains acides se retrouvent facilement aux alentours de Baume-les-Dames.
Lactarius illyricus a été créé par le mycologue slovène Andrej Piltaver en 1992. Depuis plusieurs récoltes ont été effectuées dans le Sud de la France et en Espagne.
En Franche-Comté, Jean-Marc Moingeon l’a récolté pour la première fois le 6 octobre 2006 et retrouvé le 10 octobre 2011, à la Vèze (Doubs) mais la station mériterait d’être suivie. En effet, nous avons étudié un spécimen récolté en septembre 2011 dans ce bois et qui s’est avéré être un Lactarius acerimus. Il semble donc que ces deux plantes puissent fréquenter le même milieu.

En conclusion, ce lactaire est peu décrit mais il se peut que ce ne soit pas à cause de sa rareté mais plutôt à cause de la confusion qui peut exister entre Lactarius illyricus et Lactarius acerimus. Les récoltes de Franche-Comté paraissent aller dans ce sens. Il serait judicieux de contrôler systématiquement les récoltes de Lactarius acerimus, voire de Lactarius evosmus. Un simple contrôle des spores permettra éventuellement de mettre à jour bon nombre de stations nouvelles.
Herbier : LaIl20071201 

Images

Classification

Règne Fungi
Embranchement Basidiomycota
Classe Agaricomycetes
Ordre Russulales
Famille Russulaceae
Genre Lactarius

Nom binomial

Lactarius illyricus

Piltaver